Apéritifs 237

A l’occasion du réveillon des voisins le 30 décembre dernier sur le thème Bal Masqué, il a été question, comme il se doit lorsque l’on reçoit du monde à l’heure du dîner, de Menu et comme d’habitude, le menu c’est moi et … Moi! (lire à la “La cuisine c’est nous! Et.. Schmidt”).

C’est donc ainsi que je m’étais permise, en discutant avec le jeune Chef Jean-Jacques, le frangin (comme on dit au pays) que j’avais contacté pour m’assister dans la réception des 120 personnes annoncées, de glisser dans le menu, des apéros peu habituels; en lieu et place des olives vertes, des cornichons, cubes de jambon et de fromage : des beignets de macabo et des bâtonnets de patates en souvenir, plutôt revanchard, des croquettes de macabo avec lesquelles le cuisto de Dame Soppo la fille nous avait snobé, sous-estimant par la même occasion ma capacité a réinventer ou à reproduire des recettes de cuisine: Oh cher Monsieur Cuisto, vous demander ce jour-là comment vous aviez fait était surtout une façon polie de vous dire que c’était bon, sans plus! Et la preuve plus loin.

Bon! laissons monsieur Cuisto dans les cuisines de sa Dame et revenons à nos moutons, euh! pardon, revenons à nos tabliers.

Pour des apéros 237, il vous faut des féculents 237 et/ou des legumes 237 de votre choix; aujourd’hui, nous irons avec du Macabo et des patates pour un jeu sucré salé qui saura éveiller les papilles de vos convives et les préparer à une évasion gustative hors du commun; si c’est cela votre souhait bien entendu. Sinon prenez cette phrase juste comme un jeu de mots pour aiguiser votre intérêt à la suite.

Vu sur wiki, le macabo (appelation camerounaise) du Xanthosoma sagittifolium, Malanga au Brésil et en Haïti, Mafafa au Méxique, Bore en Colombie, Otoy au Panama, etc. vous voulez encore quel autre nom là maintenant, est cultivé pour ses cormes arrondies et mangé(attention!!! la corme secondaire uniquement pas la principale) cuit, bouilli, frit ou en purée, ses tubercules râpées et cuites à l’étouffée, accompagnent de nombreux plats traditionnels sous les tropiques. D’ailleurs, même les feuilles sont consommées et rendent exquis les gâteaux de patates, de manioc ou de maïs selon les ethnies et les cultures pour donner de délicieuses tenues militaires riches en saveurs (gustatives – juste au cas où).

Alors, pour les beignets de Macabo, il vous faudra du macabo biensûr, blanc de préférence (5 grosses tubercules ou 10 moyennes), de la farine de blé pour donner de la consistance à la pâte, du cerfeuil, du persil, 2 gros oignons, ail, sel, poivre et une cuillère à café de lévure boulangère pour donner de la légèreté et faciliter la digestion; parce que le macabo, …. Souvent ça cale hein? Et ça peut être douloureux ; d’où l’expression «Il a ton macabo grave».

Donc, épluchez le macabo, comme il faut, pas trop près, pas trop loin, découpez le en petits morceaux (ayez pitié de la moulinette), lavez abondamment et à plusieurs reprises en changeant d’eau (propre, biensûr que propre) à chaque fois. Nettoyez, rincez puis découpez tout autant un des oignons, le cerfeuil et l’ail. Passez le tout à la moulinette avec le moins d’eau possible. Si vous n’êtes pas bobo ou aristo, le moulin du kwat (quartier) fera très bien l’affaire, efficace à Moooerrrrrt. Par la suite, tamisez la farine (une bonne quantité) et placez-la à portée de main.

 

Comment ai-je oublié de préciser que cette recette s’adresse à des personnes qui ont déjà fait preuve de sensibilité culinaire; c’est d’ailleurs pour cette raison qu’il n’y a pas de mesures ni de quantités absolues nulle part de type 500G de pâte de macabo, 200G de farine de blé …. Mais bon on est déjà lancé donc allons-y!

Donc la pâte de macabo est en place, la farine tamisée aussi. Sur une planche de cuisine, oui biensûr une planche sinon on découpe tout le reste comment? A l’ancienne comme les grands-mères ou les rôdées qui découpent si finement les feuilles d’okok pendant des heures? Noooon! la vie n’est plus aussi difficile, et encore faudrait-il avoir le bon couteau, savoir le tenir et éviter de se blesser en vous croyant à un Masterclass de cuisine. Oh oui! oui la pâte, la farine, le deuxième oignon nettoyé ainsi que le persil très finement découpés, le poivre moulu (c’est beaucoup plus chic que de parler de poivre écrasé) et enfin le sel à portée de main.

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Pour un meilleur rendu de votre pâte, faites corps avec les ingrédients et projettez-vous. Si vous mettez trop de persil, on mangera des beignets de persil, et ainsi de suite. Donc pensez à l’apparence que vous souhaitez donner à vos beignets et allez-y dou-ce-ment… en mettant les ingrédients, lentement, les uns, après, les autres.

!!! La farine de blé sert à donner de la consistance et n’oubliez pas que vous n’êtes pas entrain de faire des beignets de farine de blé aromatisés au macabo mais bien des beignets de macabo. Elle sert à donner du volume à la pâte de macabo et vous permettre de “FORMER” les beignets, de préférence à la main parce qu’à la cuillère c’est un peu moyen, ça fait novice et pas assez sûr de soi.

Gouttez! Oui je sais, on dit souvent que le macabo ça gratte, mais bon si vous ne gouttez pas un peu, vous perdez ainsi l’occasion de ravir les palais de vos convives. Rajoutez la lévure boulangère quand tout le précédent est prêt.

Apprêtez la batterie de friture et n’oubliez jamais qu’un beignet (à l’africaine) a besoin de baigner dans l’huile, pas de prendre une douche ou de tremper les pieds …. bref vos beignets devront baigner à haute température.

Représentation non contractuelle

Voilà!

Je suis fatiguée! Les croquettes de patates, c’est trooop facile! C’est comme les frites de pommes de terre en plus dur et plus sucré.

Allez! Just Google it!

Au Macabo!

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